« LA GESTION D’UNE MAISON D’ÉDITION, ÇA NE RESSEMBLE À RIEN D’AUTRE »

27 janvier 2021

Françoise Geoffroy-Bernard, consultante associée d’Axiales, s’est entretenue avec Sandrine Pondaven, directrice administrative et commerciale des éditions Locus Solus (www.locus-solus.fr).

Vous êtes co-gérante de la maison d’édition Locus Solus. Dans quel contexte avez-vous fait appel au cabinet de consultants experts du livre Axiales ?

Après une expérience commerciale de 15 ans dans les arts graphiques auprès de nombreux musées, institutions, collectivités chez le leader de l’imprimerie en Bretagne, j’ai créé en 2013 avec Florent Patron, directeur éditorial, les éditions Locus Solus qui sont installées à Châteaulin dans le Finistère. L’équipe est aujourd’hui constituée de 6 personnes, et notre catalogue compte 300 titres. Nous publions 40 livres par an dans différents domaines (romans, essais, jeunesse, BD, art/beaux livres, nature/sport, tourisme/patrimoine…)

Lors d’une formation organisée par Livre et lecture en Bretagne, agence régionale pour le livre, j’ai rencontré Hervé de Langre, président d’Axiales, qui animait ce stage de 2 journées sur la gestion d’une maison d’édition. Du fait de notre croissance rapide qui induit des besoins importants en fonds de roulement, nous avions conscience de la nécessité de disposer d’indicateurs précis et fiables pour suivre notre activité et affiner notre stratégie éditoriale. Il était essentiel de prolonger cette formation par une adaptation personnalisée et une mise en pratique concrète.

Comment cette mission avec le cabinet Axiales s’est-elle déroulée ?

Locus Solus est un éditeur généraliste et indépendant avec évidemment un ancrage breton, essentiellement par le biais de partenariats et de coéditions. Grâce aux nombreuses missions déjà réalisées par le cabinet Axiales, pour des petits comme des grands éditeurs, dans des secteurs éditoriaux très diversifiés, nous pouvions avoir des points de comparaison et prendre du recul, nous poser les bonnes questions sur chaque livre. Hervé de Langre est venu dans nos locaux, a pu se rendre compte de la diversité de nos publications et nous faire bénéficier de son expérience et de son regard professionnel. Nous avons travaillé ensemble sur le plan de trésorerie, sur la mise en place de tableaux de bord et sur des comptes d’exploitation prévisionnels (CEP) prenant en compte tous les paramètres, coûts directs et indirects comme espérances de ventes et risques d’invendus. Ce qui est indispensable pour mieux ajuster le tirage, fixer le prix public, mais aussi valoriser une prestation de service dans le cadre d’un appel d’offres pour un musée, par exemple, ou encore monter un dossier de demande de subventions.

Avec le recul, que vous a finalement apporté la collaboration avec Axiales, pour vous-même en tant que co-gérante et pour votre maison d’édition ?

C’était très rassurant de construire et d’appliquer ces outils de « pilotage » au quotidien (ex. voir à quel moment on atteint le point mort, et le repérer avec un code couleur dans un tableau de bord) mais aussi de bâtir des business plans pour se projeter, anticiper à plus long terme – ce que je ne prenais plus le temps de faire depuis la création de Locus Solus – et avoir les outils nécessaires pour décider d’un recrutement ou du rachat d’un catalogue d’un autre éditeur.

Que diriez-vous à d’autres professionnel.les du secteur du livre qui hésiteraient à se faire ainsi accompagner dans leur projet ?

La gestion d’une maison d’édition, ça ne ressemble à rien d’autre. Même avec l’appui d’un expert-comptable ou d’un conseiller bancaire, et même si nous avons la chance d’être deux co-gérants, il y a tellement de particularités (calcul des droits d’auteurs, provisions pour retours, dépréciation des stocks, etc.) qu’il est nécessaire de pouvoir échanger avec une personne de confiance, qui connaît bien le métier d’éditeur et qui reste à l’écoute si nécessaire. D’ailleurs, les premiers jours du confinement en mars, j’ai téléphoné à Hervé pour échanger sur les problématiques à venir et faire le point avant de prendre certaines décisions.

Propos recueillis par Françoise Geoffroy-Bernard, consultante associée d’Axiales, le 23 novembre 2020